Front de la Guerre Civile. Secteur d’Eibar.

La punition d’une ville symbole du républicanisme

La punition d’une ville symbole du républicanisme
Rue Errebal près de l’immeuble de la banque BBVA. Espace près de la succursale de Bankoa.

Errebal accueillait l’une des principales casernes qui furent aménagées à Eibar. Le bataillon Amuategui fut logé en face de l’École d’Armurerie, dans le couvent des Franciscaines, alors que le couvent des Augustines Récollettes d’Errebal accueillit plusieurs bataillons. Ce couvent fut l’un des principaux objectifs des aviations italienne et allemande et des canons postés à Arrate, Karakate et autres monts environnants. Hugo Sperrle « Sander », commandant en chef de la Légion Condor allemande, attribua en 1939 à Von Richthofen le rôle de planificateur des « Expériences » des bombardements de Gernika, Durango ou de certains d’Eibar.  

Image obtenue depuis un avion italien pendant le bombardement d’Eibar. On peut observer la fumée des trois impacts sur la zone d’Errebal et Ibarrecruz (voir les détails ci-dessous). On identifie à gauche plusieurs endroits comme la mairie, les arènes, etc. On localise les lieux qui nous intéressent en suivant le tracé de la route, qui n’a pas changé par rapport au tracé actuel. Société des Amis de Laguardia.    

Dans l’Eibar d’avant-guerre, il existait trois types d’édifices : ceux exclusivement destinés aux logements, ceux qui abritaient des usines et ceux qui combinaient les deux fonctions. Dans les années 1930, les édifices en béton armé remplacent peu à peu ceux en bois. Plusieurs des entreprises s’installent en dehors du centre urbain. Ce sont des bâtiments simples, en murs de maçonnerie, structure en bois et toiture en tuiles, avec de vastes salles et de grandes baies pour laisser passer la lumière. La plus haute densité industrielle se concentrera aux embouchures des rivières Matxaria (BH), Txonta (GAC), dans la zone d’Urkizu (Orbea) et sur le Paseo San Andrés (Alfa). Après la guerre, ces entreprises seront englouties par la trame urbaine, l’objectif étant de couvrir la rivière et de remplir les espaces vides.

Pendant les attaques aériennes, trois types de bombes seront principalement utilisés : celles de 50 kg, qui détruisaient l’armature du toit et l’étage supérieur sans menacer spécialement les parties basses de l’édifice et les constructions voisines ; celles de 50 kg, à retardement, qui traversaient le toit et explosaient sur le deuxième plancher, et celles de 100 kg, qui pouvaient détruire complètement une maison de 4 étages.

Le Plan Général des Opérations sur la Biscaye fut l’œuvre du lieutenant-colonel de l’état-major allemand Wolfram von Richthofen, en collaboration avec le service de logistique de la Légion Condor et le colonel franquiste Vigón, qui envisagent divers « plans d’action de la Légion Condor ». L’un d’eux indique que « les forces attaqueront les réserves locales et des secteurs, SANS CONSIDÉRATION POUR LA POPULATION CIVILE ».

Nous verrons maintenant une vidéo de divulgation enregistrée par les fascistes italiens de Mussolini quelques heures après le massacre d’Eibar, dans laquelle on observe les énormes destructions causées par les bombardements.

Première page du journal italien « La Domenica del Corriere » du 9 mai 1937 informant sur la destruction d’Eibar, attribuée ici aux « rouges ».

Eibar 1937

7.000 kilos de bombas contra Eibar

Image principale :
La zone d’Errebal fut complètement rasée. On observe la façade des anciennes halles et l’église San Andrés. © Archives Municipales d’Eibar. Auteur : Indalecio Ojanguren.

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