La conquête de Karakate, Elgoibar, Arrate, Akondia et Kalamua
Ce qui, quelques heures auparavant, n’était que les premiers mouvements putschistes au sein des colonies africaines visant à renverser la II République espagnole par les pouvoirs réactionnaires, devient un violent coup d’État et sonne le début de la guerre civile le 18 juillet 1936. À Euskal Herria, la situation est diamétralement opposée, d’une part sur les deux territoires intérieurs (Araba et Nafarroa), et d’autre part sur les deux territoires côtiers (Gipuzkoa et Bizkaia). Les premiers sont entièrement sous le contrôle des rebelles, à l’exception d’un petit espace alavais situé dans la vallée d’Aiaraldea, limitrophe de Bizkaia. À Gipuzkoa et Bizkaia, ils restent fidèles au pouvoir légitime de la République.
Lorsque les rebelles prévoient la stratégie militaire préalable au soulèvement, leur principal objectif est de prendre le contrôle de la frontière d’Irun afin d’empêcher les livraisons d’armes au gouvernement de la République en provenance du gouvernement de gauche française de Léon Blum et d’autres pays. Après la chute d’Irun le 5 septembre, puis celle de Donostia le 13, les putschistes rasent Gipuzkoa au cours de l’été 1936 sur leur route vers Bizkaia.
Troupes franquistes défilant à Alderdi Eder, à Donostia-San Sebastián.
Les rebelles disposent de trois axes de progression. Celui du groupement de Los Arcos envahira la zone centrale de Gipuzkoa par l’axe de la route reliant Toulouse et Azpeitia, et achèvera son parcours entre Arrasate et Elgoibar. Le groupement d’Iruretagoyena progressera le long de la côte de Guipuzcoa. Enfin, le groupement du colonel Camilo Alonso Vega, à l’origine du soulèvement des troupes de Gasteiz, progressera par le port d’Arlaban en direction de Deba Garaia. Après la chute de Donostia, les différentes colonnes convergeront aux alentours d’Eibar en quelques jours seulement. Face à la disproportion des moyens, leur entrée dans la ville n’était qu’une question d’heures.
L’occupation de la ligne de la rivière Deba par les rebelles est effectuée avec des mouvements rapides et combinés. Le 22 septembre 1936, ils occupent Soraluze. Les troupes de Pérez Salas partent d’Azkoitia et atteignent Karakate par les versants d’Irukurutzeta et d’Atxolin. À partir de là, elles descendent jusqu’à Soraluze au crépuscule, tandis que Los Arcos complète l’action le long de la côte en atteignant les environs de Deba et de Mutriku. Au cours de cette semaine, ils attaqueront l’église d’Arrate avec des bombardements intensifs qui entraineront de sérieux dommages sur la façade latérale, tel que constaté sur la photographie. Arrate était un site où le bataillon Amuategui avait creusé de nombreuses tranchées au cours des semaines précédentes afin de fortifier sa défense. En effet, il s’agissait de l’accès naturel par le mont reliant Elgoibar à Eibar et à la ligne de la côte de Bizkaia.
Troupes franquistes transportant un blessé dans le Sous-secteur d’Elgoibar. © Ministère de l’Éducation et des Sciences. Auteur : Andrés Erich.
Les troupes de Diez de Rivera, situées à Elgoibar, sont assiégées entre Arrate et le mont Urko, et atteignent au mieux l’Ermitage de San Pedro d’Elgoibar, où le 2e régiment du tercio carliste Lácar se barricade. Le 22, les rebelles occupent la route reliant Elgoibar à Malzaga, mais la résistance des républicains est de plus en plus efficace. En effet, les armes fournies leur permettent de contenir plus efficacement la progression des rebelles.
Une ligne d’attaque est formée aux alentours d’Akondia, de Kalamua et d’Arrate. Elle sera maintenue entre le 2 et le 8 octobre. Cayuela assaille l’Urkarregi le 28 septembre avec la ferme intention de poursuivre sa progression vers Markina, en même temps que le fait Diez de Rivera à Kalamua et Arrate dans le but de conquérir Eibar. Les contre-attaques sont difficiles les 29 et 30 septembre ainsi que les 2 et 8 octobre. Le 2, 60 victimes rebelles sont dénombrées à Arrate. Le 5, des renforts arrivent en provenance de la côte. Ils sont destinés aux putschistes qui se trouvaient sur le mont Urkarregi, au nord du Kalamua, et plus précisément, sur la route reliant Markina à Elgoibar. À Urkarregi, ils défendaient essentiellement le poste nationaliste. Arrivés de Bilbao et de ses alentours, les « gudaris » (soldats) se trouvaient à gauche de la route en provenance de Markina et d’Etxebarria. Les postes d’attaque de Diez de Rivera sont signalés par les lignes reliant l’Urkarregi, Kalamua, l’Ermitage de San Pedro sur Elgoibar et le sanctuaire d’Arrate.
Troupes franquistes dans le Sous-secteur d’Akondia. © Bergarako Udal Artxiboa. Fonds Toribio Jauregi. Auteur : Toribio Jauregi.
Image principale :
Arrate Sanctuary détruite par les effets de les coups de feu faites par les rebelles de Karakate en Septembre 1936. © Archivo Municipal de Eibar. Auteur: Indalecio Ojanguren.
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