Front de la Guerre Civile. Secteur d’Eibar.

Les rebelles désireux de conquérir Eibar la républicaine

Les rebelles désireux de conquérir Eibar la républicaine
Vue d'ensemble d'Arrate. En bas à droite deux soldats sont observées. Hiver 1936-1937. © Archivo Municipal de Bergara. Auteur: Toribio Jauregi.

Face à la menace représentée par l’entrée des rebelles dans Eibar en cette fin septembre 1936, l’évacuation de la population civile est décrétée, seules les personnes impliquées dans la défense militaire et ses services auxiliaires étant autorisées à rester dans la ville. Le front se stabilise finalement aux alentours d’Eibar, une ville qui subit au quotidien le siège, avec des coups de canon tirés depuis les monts de son versant Nord-est, en particulier Arrate et Karakate, et les bombardements aériens. En janvier 1937, les frappes aériennes se multiplient et l’évacuation de la population civile est, à nouveau, ordonnée. Le siège résiste à cette seconde attaque et l’évacuation d’Eibar ne sera définitive qu’après les bombardements des 24 et 25 avril 1937.

Ordre de départ du haut commandement allemand avec les consignes d’intervention de l’Aviation Légionnaire Italienne sur  Eibar le 25 avril 1937. Plus de 7 tonnes de bombes furent lâchées ce jour-là sur Eibar. © Ministère de la Défense. Archives Historiques de l’Armée de l’Air.

Le 29 septembre 1936, les chartistes du 4e régiment du tercio de Navarre reçoivent l’ordre de monter par Elgoibar à Arrate, mais sur le chemin, une section doit être détournée vers Kalamua face à l’attaque républicaine. Les défenseurs d’Arrate, qui disposaient de mortiers Valero de 50 et de 81 mm, situés sur le versant qui depuis Arrate descend jusqu’à l’Ermitage de San Pedro, se défendent avec détermination, provoquant le renoncement des assaillants dans la conquête d’Arrate et leur renversement lors de la conquête du sommet de Kalamua. Après la prise d’Arrate et de Kalamua, le prochain objectif est l’expulsion du Bataillon Amuategui situé au sommet d’Akondia.

Miliciens du Bataillon Amuategui dans le Sous-secteur d’Akondia.

Le front de Gipuzkoa et Est de Bizkaia s’étendait de la mer jusqu’à la vallée d’Aramaio, exclu, et les principaux secteurs de défense étaient Lekeitio, Markina, Eibar, Elgeta et Elorrio. Arrate était un lieu symbolique, en qualité de protectrice d’Eibar. Les rebelles atteindront Krabelin par la route, le sommet d’Akondia ainsi que le pied et le sommet de Kalamua par le mont dans leur tentative de progresser jusqu’à Markina. Pendant ce temps, les membres du bataillon socialiste d’Eibar Amuategui, ainsi que ceux d’autres bataillons d’idéologies différentes, tels que celui de San Andrés, Tomás Meabe, Octobre, Karl Liebknecht, deux régiments de la Ertzaintza, etc., se placeront au cours des prochaines semaines aux postes d’avant-garde d’Usartza, sur le versant d’Akondia et au niveau de l’église et de l’Ermitage de Santa Cruz. Sur le front de Kalamua, des bataillons tels que Rosa Luxemburgo « Arrosa », le San Andrés, l’Avellaneda, le Celta, etc., défendront Markina avec des avant-postes situés sur les versants de Kalamua, afin d’arrêter la progression vers la conquête de l’importante industrie du fer de Bizkaia, clé de la victoire de la guerre. De même, la retenue de la progression dans les Intxorta, vers Elgeta, permettra, le 7 octobre 1936 à Gernika, que se constitue le premier gouvernement basque de l’histoire, résultat du statut d’autonomie.

Image d’Elgeta détruite par les combats.

Image principale :
Vue d'ensemble d'Arrate. En bas à droite deux soldats sont observées. Hiver 1936-1937. © Archivo Municipal de Bergara. Auteur: Toribio Jauregi. 

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