Front de la Guerre Civile. Secteur d’Eibar.

La dure cruauté de la guerre

La dure cruauté de la guerre
Plan des fortifications des rebelles au sommet d'Akondia. © Archivo General Militar de Ávila. Ministerio de Defensa.

À partir du 26 septembre 1936, les carlistes du 3e régiment du tercio de Lácar montent depuis Elgoibar par l’Ermitage de San Pedro et occupent le mont Kalamua et Arrate après de violents combats. Ils feront ensuite la conquête d’Akondia. Le Tercio requeté de Lesaca participe également à cette action avec 400 hommes environ. La conquête du sanctuaire d’Arrate, de la colonie d’Arrate et du village de Cantabrie, proche du sanctuaire, étant à souligner. Le 2e régiment de Lácar occupe le mont Morkaiko le 26, mais avec dix morts et quarante-cinq blessés dans leurs rangs.

Le 1er régiment de Lácar conquiert l’Urkarregi. Entre les 26 et 29, ils prennent en charge cette mission et font reculer les troupes fidèles depuis Arrate par Krabelin au mont Aitzketa et au flanc d’Akondia avec, notamment, des grenades de mortier Minenwerfer 1916 et des lance-mines 1916, des balayeuses de tranchées, ayant une portée de 300 mètres, équipements acquis auprès du gouvernement allemand, provenant des excédents de la Première Guerre mondiale. Les nombreux vestiges de ces équipements trouvés sur la route reliant d’Aitzketa à Akondia en témoignent. Le front d’Eibar se stabilisera à ces postes jusqu’à fin avril 1937.

Officiers franquistes sur la place de los Fueros à Elgoibar. © Ministère de l’Éducation et des Sciences. Auteur : Andrés Erich.

Les plans des fortifications que les rebelles ont construites sur le sommet d’Akondia, qui ont été renforcées par des éléments tels que des tranchées, des postes de tir, des barbelés, des sacs de sable, etc., peuvent être appréciés sur le schéma annexé. Afin d’éviter les attaques, le matériel était monté pendant la nuit depuis Elgoibar. Les premiers tronçons s’effectuaient à l’aide de chars à bœufs, et les derniers, à pied, les soldats chargeant le matériel sur l’épaule.

En novembre 1936, les quatre régiments de requetés du tercio de Navarre présents sur la zone d’Akondia totalisent 450 hommes. Courant janvier 1937, le 1er régiment disposait de 115 hommes à Urkarregi, le 2e de 165 hommes à Angiozar, le 3e de 129 hommes au balnéaire de Zestoa et le 4e de 55 hommes au refuge « Tomás Meabe » de Kalamua. Fin février, le tercio de San Fermín, 5e de Navarre, dispose de quatre régiments dans la zone d’Elgoibar. L’un de ses capitaines, Matías Saragosse, meurt le 21 avril près du sommet d’Akondia. Une croix de pierre est érigée en sa mémoire. Elle sera conservée jusqu’au printemps 2014, date à laquelle elle sera sauvagement détruite.

Le 31 mars 1937, l’offensive finale dirigée par le chef de l’armée du Nord, le général Emilio Mola, afin de raser Euskadi, débute avec le bombardement de Durango, le bilan étant de 336 morts. Elgeta tombe le 24 avril, puis Eibar, deux jours plus tard. Bilbao tombera entre les mains des rebelles le 19 juin 1937.

Troupes franquistes sur la place d’Elgeta après la prise de la ville.

Aux brigades de Navarre présentes sur ce front, s’ajoute la brigade mixte « flèches noires » de fascistes italiens, sous le commandement du général Piazzoni, qui le 2 avril se concentrent à Elgoibar - Urkarregi - Ondarroa, relevant la II brigade de Navarre. Ils comptent en outre sur la division motorisée « 23 mars », également italienne. 60 véhicules du « Corpo » italien se concentrent à Bergara. Au début de l’offensive, Mola disposait de 33 000 hommes environ, de 130 canons et d’une force aérienne dirigée par les nazis siégeant à Vitoria, Lasarte, Burgos, Logroño et Soria, de 150 avions environ. Les fuselages profonds du Savoia 81 italien et du Junker 52 allemand disposaient d’espaces intérieurs qui pouvaient accueillir des bombes de grandes tailles.

Image prise depuis un avion « Savoia-Marchetti, SM-81 » italien, durant le bombardement d’Eibar. On observe trois impacts de bombes dans la zone d’Errebal (voir les détails ci-dessous).

Pour la poursuite de l’ennemi, ils disposeront également de la brigade mixte « flèches noires » italienne se trouvant dans le secteur d’Elgoibar-Ondarroa et occupant l’Urkarregi, mont à la frontière entre Bizkaia et Gipuzkoa. Après la chute d’Eibar, la IV brigade de Navarre part d’Ermua et d’Eibar et progresse en direction de Bolibar le 26 avril, arrivant le lendemain à Etxebarria, Markina et Urberuaga, tandis qu’en parallèle, les Italiens occupent Berriatua. Avec la chute de Markina, les colonnes ayant assiégé pendant sept mois la zone d’Eibar, d’Elgeta et de Markina se rejoignent. La route menant à Bilbao s’ouvre progressivement.

Soldats des bataillons San Andrés et Saseta, en train de monter des « bouchons allumeurs » sur les grenades de leur mortier « Valero » de 81 mm, dans le Secteur de Markina.

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Plan des fortifications des rebelles au sommet d'Akondia. © Archivo General Militar de Ávila. Ministerio de Defensa.

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